4 oct. 2012

Nous, les bobos de la bière

Si comme moi vous avez grandi avec The Simpsons et François Pérusse pour références humoristiques et que comme moi, vous n’avez pas beaucoup grandi depuis, alors vous êtes probablement comme moi et vous vous trouvez grandi après avoir écouté un épisode de l’exquise série télévisée Les Bobos, mettant à l’affiche les talentueux Anne Dorval et Marc Labrèche. Ces bourgeois bohèmes sont la définition même du « all-talk », s’auto-proclamant juges du bon goût sur tout et surtout sur rien. Premiers à critiquer, derniers à créer, ils dénigrent constamment leurs prochains pour leur rusticité et ce, avec une artificialité à la fois ironique et pathétique. La table étant mise, il faut reconnaître que l’amateur de bière féru pourrait facilement faire l’objet d’une bonne saynète à la sauce des Bobos.

En effet, si pour le lecteur moyen de ce blogue, il est tout à fait normal d’inspecter la robe ébène d’un Imperial Stout à l’aide d’une lampe de poche afin de nous assurer de sa parfaite opacité, il n’en est pas nécessairement ainsi pour une majorité de téléspectateur d’une émission populaire. Nous avons beau présenter la bière comme une boisson populaire invitant à socialiser et se prenant moins au sérieux que le vin, en prenant du recul, il y a quelque chose d’étonnant et superficiel aux côtés des grands enjeux de société à consigner dans un tableur Excel nos notes de dégustations tout en critiquant notre mère qui lave sa flûte de blanche de Chambly édition 1995 au savon sans tenir compte de l’impact négatif du savon sur la tenue de mousse.

Bien sûr, vous aimez les bières artisanales uniquement pour leurs arômes, leurs textures et leurs saveurs. Vous n’en avez que faire de l’appartenance à une strate de société ou une autre en fonction de ce que vous ingérez. Faut-il pour autant interpréter comme une attaque personnelle la survie de Breughel qui pousse l’audace jusqu’à l’ouverture d’une deuxième succursale? Faut-il refuser de boire la Rickard’s Red que votre beau-père vous offre gracieusement parce que « vous savez qu’elle n’est pas bonne » sans même l’avoir tâté de vos papilles? Faut-il absolument prendre une photo du menu du Benelux lors d’un Cask Night parce que « le menu est juste trop malade!! »? Oui, je sais, vous êtes des passionnés. C’est ce qui vous allume, ce qui vous garde en vie. N’empêche, parce qu’un peu d’autodérision aide toujours à mettre en lumière nos gravissimes problèmes comme une rumeur de pénurie de houblon ou le faible nombre de bouteilles embouteillées du Porter Baltique vieilli en fût de bourbon des Trois Mousquetaires, si jamais un de nos lecteurs connaît bien un scénariste des Bobos, parlez-lui de nous. Nous sommes prêts à leur démontrer toute la superficialité de nos petites personnes si ça peut leur inspirer un sketch hilarant. Sur ce, je vous laisse, je dois aller terminer l’inventaire hebdomadaire de ma collection d’ouvre-bouteilles.

David et un de ses idoles, Jan-Philippe Barbeau, maître-brasseur du Loup Rouge
Photographie de David Gingras

4 commentaires:

Rick le Gold Stastny a dit…

J'ai compris il y a quelques années que la bière n'était pour moi qu'une excuse au voyage et à la découverte. Découverte de pays, de gens passionnés et formidables, d'histoires incroyables. Le liquide est accessoire. Une chance que c'est souvent bon dans yeule!

Martin Thibault a dit…

En lice pour le prix Nobel de la sagesse: Rick le Gold Stastny. :)

thomas reignard a dit…

Faut bien admettre que il y en a beaucoup qui jouent sur le coté bobo et rustique...
La derniere fois j'ai acheté une machine à laver les bouteilles, tout le monde m'a traité de puriste en me diant que j'elevais un passe temps au rang de religion...Ha les idiots

Anonyme a dit…

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